Les étudiants de l’ESG Finance ont eu l’opportunité d’assister à une conférence passionnante animée par Frédéric Encel, consultant reconnu auprès de nombreux médias, institutions du ministère des Armées et grandes entreprises. À travers une analyse riche et accessible, il a proposé un décryptage des liens étroits entre géopolitique et marchés financiers, tout en apportant des clés de lecture concrètes pour les futurs décideurs.
Un monde incertain… mais pas totalement nouveau
Dès l’introduction, Frédéric Encel a rappelé une réalité essentielle : les acteurs économiques détestent l’imprévisibilité. Pourtant, le monde contemporain, bien que complexe, n’est pas entièrement inédit.
Les logiques de puissance restent similaires à celles du passé. Les rivalités entre États continuent de s’articuler autour de l’accès aux ressources stratégiques (énergie, eau, territoires) et de la recherche de prestige, mobilisant des leviers politiques, militaires, économiques et diplomatiques.
L’exemple de la guerre en Ukraine illustre cette continuité historique, avec des modes d’affrontement qui rappellent ceux de la Première Guerre mondiale.
Cependant, le contexte actuel se distingue par une accumulation de facteurs défavorables pour les entreprises : recul du multilatéralisme, tensions accrues et hausse structurelle des coûts énergétiques. L’essor de l’intelligence artificielle et des data centers, particulièrement énergivores et consommateurs d’eau, accentue encore cette pression.
Climat et géopolitique : des impacts concrets sur les marchés
Le dérèglement climatique constitue également un facteur déterminant. La fonte des glaces, notamment dans les régions arctiques, redessine les routes commerciales mondiales.
Ainsi, l’ouverture progressive de la route du Nord-Est permet un acheminement plus rapide des ressources vers l’Asie, bouleversant les équilibres traditionnels et fragilisant certains acteurs historiques comme l’Égypte, dépendante du canal de Suez.
Ces transformations illustrent à quel point les enjeux environnementaux influencent désormais directement les stratégies économiques et financières.
Une boussole pour les dirigeants dans un monde instable
Face à cette complexité, Frédéric Encel a proposé une « triade » essentielle pour guider les chefs d’entreprise :
- Valoriser le savoir : investir dans la matière grise pour garantir innovation et stabilité
- Privilégier l’intérêt collectif : assurer une répartition équitable des richesses et des responsabilités
- Maintenir des finances publiques solides : à toutes les échelles
Cette approche constitue, selon lui, un véritable cap à maintenir dans un environnement incertain.
Puissance et crédibilité sur la scène internationale
La question de la puissance a également été abordée, notamment à travers le discours d’Emmanuel Macron à bord d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins.
Pour Frédéric Encel, la crédibilité géopolitique repose sur la capacité à démontrer sa force de dissuasion. Une mise en scène stratégique et un discours adapté permettent d’affirmer cette puissance sur la scène internationale.
Matières premières : entre tensions et opportunités
Les ressources naturelles occupent une place centrale dans les dynamiques géopolitiques actuelles. Si elles peuvent être sources de tensions, elles constituent également des leviers de coopération.
L’analyse de la politique de Donald Trump met en lumière une approche mercantiliste assumée, visant à maximiser les intérêts économiques américains à travers des accords stratégiques, parfois au cœur de processus de paix.
Plus largement, Frédéric Encel souligne que les rivalités autour des matières premières ne conduisent pas systématiquement à des conflits : elles peuvent aussi favoriser des accords, notamment lorsque les intérêts économiques convergent.
Une recomposition des alliances et des marchés de défense
Dans un contexte de rééquilibrage des alliances, certains États cherchent à diversifier leurs partenariats militaires. La France apparaît ainsi comme un acteur crédible, proposant des équipements compatibles avec les standards internationaux et bénéficiant d’une image d’indépendance stratégique.
Cette dynamique ouvre des perspectives économiques importantes, notamment dans l’industrie de défense.
Quels enseignements pour les jeunes investisseurs ?
En conclusion, Frédéric Encel a livré plusieurs conseils aux étudiants et futurs investisseurs :
- S’orienter vers des secteurs d’avenir comme le high-tech et l’industrie de défense
- Identifier des zones géographiques prometteuses : Vietnam, Inde, Émirats, Maroc ou encore Canada
- Rester en veille permanente dans un monde en mutation rapide
- Intégrer les enjeux environnementaux dans les stratégies d’investissement, notamment dans l’immobilier durable
- Ne pas négliger des marchés porteurs comme le logement étudiant ou les transports
S’inspirant de Napoléon Bonaparte, il a insisté sur l’importance de maîtriser les fondamentaux tout en sachant les remettre en question face à chaque nouvelle situation.
Prolonger la réflexion
Frédéric Encel a également invité les étudiants à poursuivre leur réflexion à travers plusieurs événements et publications, notamment son ouvrage Les Voix de la Puissance (2024), ainsi que des rencontres géopolitiques à venir :
- 16eme Assises Nationales contre le négationnisme en entrée libre, le 3 juin 2026 au matin, dans l’amphithéâtre de la Paris School of Business (Paris 5e) avec la présence d’un ministre, de rescapés de différents conflits et d’historiens.
- Les Rencontres Internationales Géopolitiques de Trouville (sans inscription), du 18 au 20 septembre 2026, 1er festival géopolitique avec le Royaume-Uni pour invité.